Levés à 6 heures du matin, encore dans le jus du décalage horraire, on est remontés comme des pendules… Je passe au fly shop donner une nymphe céramique en cadeau au tenancier. Comme d’habitude, les Américains marquent un dédain impressionnant vis à vis des nymphes en plomb peint.

Ils les trouvent belles, différentes et étonnantes, mais je vois bien que le choc culture est trop puissant pour percer le plafond de verre de la culture centenaire de leur satanées mouches classiques montées au Kenya. Pas grave, si il ne veulent pas prendre plus de poissons, c’est leur affaire.

D’ailleurs, j’aimerais préciser ici que les Américains que j’ai pu rencontrer sont des gens très adorables, souvent prêts à vous aider et à vous renseigner…

En d’autres termes, je suis me sens parfois comme un Français grincheux face a des gens si acceuillants !

Bon, on n’est pas venu au Colorado pour faire de la pschychologie de comptoir sur la culture Américaine, mais pour prendre un maximum de poissons… On avale donc notre dernier pancake, et on saute dans notre voiture rutilante pour rejoindre le lisse de la Frying pan que nous avions quitté le soir.

La luminosité n’est encore pas au top, mais la quantité de poissons en place est stupéfiante… On se souvient des leçons d’hier : toutes les nymphes doivent arriver pleine gueule, sur des dérives plein aval.

Les poissons qui se nourrissent sur le fond répondent bien aux céramiques, alors que ceux ce nourrissant à mi eaux répondent sur des micro pheasant tail.

On se réparti donc les rôles avec JP : lui reste sur de la pêche légère décollée du fond, et moi je reste dans mes habitudes, en provoquant les poissons qui se sentent en sécurité sur le fond.

Il y a tellement de poissons qu’il y en a pour tous les gouts de pêche à la mouche ! Allez, ça commence, je me chauffe avec une petite fario sur une céramique moutarde H16…

Début facile, on va ensuite viser plus gros… Toujours sur la même céramique, c’est une fario de 45 centimètres qui fait de la résistance… Comme ces truites au comportement étonnant ne s’enfuient pas, on peut alors les pêcher plein aval pour leur offrir la meilleure dérive… j’affine mon passage… Et boum, c’est dedans…

Jp est passé en sèche, il monte dans les tailles, on passe la barre des 45 cm avec cette belle fario jaune qui a craqué pour une sèche anorexique en taille 22, une fois de plus en dérive plein aval…

Toutes les sèches au dessus du 20 ne sont mêmes pas reluquées par ces truites suréduquées. Coté nymphe, une autre fario sympathique godille entre deux eaux, je repsse donc sur une perdigone de chez Carpat Flies en vert façon herbier… Et badaboum…

On a les mains qui commence à sentir le poisson. La journée s’épaissit, on se renvoie des cris et des onomatopées entre JP et moi à chaque ferrage manqué ou à chaque poisson record qui recrache notre nymphe.

Ça vole pas haut au niveau vocabulaire «  Ah la s####, elle a refusé ! » , « Oh p#####, décroché », « Bordel de #####, regarde cette arc monstrUeuse ». Et bien, cette arc monstrueuse, elle va y passer !

Je range ma pointe en 0.10 mm pour passer sur un 0.16 mm. Cette grosse arc se tient dans un courant assez puissant qui je l’éspère camouflera mon câble en 0.16 mm en pointe. En même temps, je n’ai pas le choix, une arc record en 0.10 mm, c’est voué à l’échec. Je passe alors carrément sur une céramique tungstène T1 pour aller tenter ce monstre collé au fond. Elle crois que je n’ai pas compris son petit manège, mais elle nymphe rarement, je vois sa grande gueule claquer de temps en temps. Je claque la céramique plein aval… Ach !

Il va falloir insister, et aller plaine gueule au millimètre près… Après une vingtaine de lancer, c’est pendu…Mais la pression retombe, elle me fait un combat très mauvais et se retrouve vite à l’épuisette… On atteint quand même les 55 cm, pas trop mal ! Bon, l'opercule abîmée sent un peu le poisson de pisciculture mais bon...

On ne refroidit pas la machine, et JP continue à dégommer sur de la pheasant tail des farios du kilo aux adipeuses de rêves criblées d’un rouge sang…

On est dans la pêche, on lâche rien, on se gave de toutes ces bredouilles prises en France… la céramique moutarde claque encore et fuse vers le profond, c’est encore une autre fario de l’oncle Sam qui a craqué.

Je sortirai d’ailleurs une série de clichés subaquatiques assez croustillants de ce poisson, je vous laisse apprécier la robe du poisson et la clarté de l’eau de la Frying pan.

Bon JP on fait une pause ? «  On est pas venu pour beurrer des tartines, pas besoin de pause repas quand on nourrit son esprit avec les motifs de la robe de ces truites uniques ! » Comme on dit la bas : Next one !

Pour changer , une petite arc en ciel ( 30 cm ) qui goûte à la céramique.

Nous aurons pris environ 90% de farios et 10% d’arcs en ciel durant notre séjour sur la Frying pan pour la simple et bonne raison que les arcs en ciel n’avaient pas fini leur frai.

On pouvait les voir se chicorer et s’encanailler en se mordanr la queue devant nous, et ces poissons étaient complétement déssintéréssés et ne pensent qu’0 forniquer…

Bon sinon, le temps que je fasse une digression sur les truites arc en ciel, et bien j’ai dèja repris une sacré belle fario, JP me fais le selfie...

Regardez moi les détails de cette robe de l’ébène, de l’ambre, du miel, on saupoudre de quelques points noir, quelques éclats de rouge carmin…

Les salmonidés sont définitivement les plus beaux poissons du monde, j’adore la pêche à la mouche, je ne vis que pour ça… Ça y est, je m’envole, je pète un câble quand je vois le détail des opercules de cette truite, ce gris d’acier entrecoupé d’un motif de points de panthère ça évoque tous les rêves du pêcheur, du saumon d’Écosse au truites de mer d’Islande en passant par les truites du gave d’Oloron.

Je suis en plein délire, même si on peut fumer des pétards librement au Colorado, je n’ai pas besoin de ça pour être stone, ma came à moi c’est de démonter des poissons en nymphe à vue.

Une éclosion débarque, les sedges tapent de l’aile en surface, et sous l’eau c’est l’euphorie. Les becs des truites clignotent sous la surface, ça se régale ! La pêche redouble d’intensité ! je passé sur une céramique cuivre / orange pour mieux suivre ma dérive au profond… Badaboum !

Un poisson pas gros maisq ui a du chien, regardez moi cette robe typique du Colorado, bien rouge sur l’arrière et jaune sur le devant… On remet un coup d’œil au paysage avant de tarter une autre truite ?

La vallée et hallucinatoire, les éboulements de roche rouge viennent mourir dans la rivière… Pincement au cœur, on est bien au Colorado, comme si on avait plongé au cœur d’une des vidéos classiques que l’on a visionné des centaines de fois en boucle.

Allez, pas de pitié pour les truites, on y retourne, en voilà une autre avec une grande gueule, bien en chair…

Je finis en apothéose, je rencontre B.J, un jeune Californien qui à vu son emploi délocalisé. Il me confesse qu’il est recemment tombé dans la pêche à la mouche alors qu’il trouvait ça tellement naze avant.

B.J dit qu’au Colorado, la pêche à la mouche fait partie intégrante du mode de vie. Je bois ses paroles…. Toute une nation de pêcheurs à la mouche… Je ne peux m’empêcher de lorgner sur le couple de grosses truites qui nymphent devant lui… Une grosse arc se tient à coté d’une fario pas tro mal. La fario donne de temps en temps un coup d’épaule à la grosse arc pour lui rappeler de ne pas bouffer toutes les nymphes… Faut pas déconner, une truite de la Frying pan va pas décaler pour saisir une nymphe ! Ça fait trente minutes qu’il passe son indicateur patate et sa nymphe taille 20 au dessus de ces deux poissons qui refusent… «  Can I try this big rainbow ? » lui dis-je… vec la sympathie habituelle des Américain, il me répond affirmativement… J’arbalète 2 mètres amont…

B.J voit la gueule blanche de la grosse arc s’ouvrir… Puis sa bouche reste ouverte, stupéfait…

Et moi je commence à courir… En 0.10 mm en pointe je ne fais pas le malin face à une telle truite… Je dérange les 5 pêcheurs du lisse pour mettre le poisson au sec…

Je relâche cette magnifique arc avec un sourire niais...

Puis soudain, la violence du printemps vient interrompre la fête, le vent se léve et pas qu’un peu. Fini la pêche en nymphe à vue. La surface se ride, les posés deviennent impossible. Le nympheur doit muter et s’orienter vers des techniques moins nobles pour continuer à prendre du poisson. On bouge sur un énorme lisse à l’aval, complètement démonté par le vent. C’est dans ce genre de moment qu’il faut garder la foi, car les poissons eux ne s’arrête pas de manger. C’est à ce moment la que la pratique de la pêche en nymphe sur des rivières différentes vous permet de continuer à prendre du poisson. Le vent interdit toute forme de pêche à vue… Bon sauf que à force d’attendre sur la bordure pour décider comment je vais pêcher, je repère une jolie truite entre deux rafales…

La bordure parfaite pour tester mes nouveaux micro gammares… La truite ne me voit même pas à cause des rafales intermittentes… J’attends une accalmie, j’arbalète… C’est plié en moins de deux minutes…

Bon, j’ai décidé, je vais peigner ce grand lisse très lent au pompon, avec une pointe en 0.10 mm, et une petite pheasant tail… Disons que j’ai pas trop le choix… Tiens encore une accalmie et une deuxième truite en bordure, mais plus profonde cette fois ci… Le temps de changer pour un céramique… C’est pendu…

Bon j’éxagère sur la pêche en nymphe à vue, je devais me monter une ligne pour monter au pompon… J’ai repèré un banc de truites au milieu du lisse, je vais y faire dériver mon pompon…

Et le festival reprend…

J’enchaîne une dizaine de poissons, je me fait casser deux fois, et je sors une fario pas énorme mais avec une robe qui pique les yeux…

Finalement la lumière met fin à cette journée dantesque… Sûrement une des plus mémorables de ma vie de pêcheur.

On se finti avec un bon burger dans un bar de la ville de Basalt pour se remémorer chaque instant avec JP… Demain ce sera une autre aventure : la partie 3/5 à la recherche des truites cutthroats ! 

A bientôt pour un nouvel article, et n’oubliez pas que truites et ombres passent 90% de leur temps à se nourrir sous l’eau ! 

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Stan